Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

Eglise de Saint-Seurin d’Uzet

17/11/2020

Eglise de Saint-Seurin d’Uzet

 La première implantation humaine à Saint-Seurin prend la forme d’une villa romaine sur le promontoire où se dressera le castel médiéval à l’ombre duquel se développera un bourg pour lequel sera édifiée une première église dédiée à saint Martin, l’apôtre des Gaules. 

Une église romane fut édifiée au XIIe siècle qui, comme les premières églises du diocèse, dépendait de l’évêque de Saintes. En 1174, l’un d’entre eux, Adhamar Carbonel concéda l’église du bourg d’Uzet au prieur de Mortagne. Ce dernier est un chanoine de l’ordre nouvellement fondé de Saint-Augustin. 

Cet ordre œuvre à la réforme de l’Eglise après des années d’incuries et de soumission aux divers pouvoirs temporels (réforme dite Grégorienne du nom du pape Grégoire VII qui inspira se souffle de renouveau au milieu du XIe siècle). Un des grands noms de cet ordre est un Aquitain, Geoffroy de Loroux qui, en 1136, devient archevêque de Bordeaux (il participera à la fondation de l’abbaye de Sablonceaux qui dépendait aussi de l’ordre de Saint-Augustin). C’est très probablement cette connexion  avec l’Aquitaine via l’ordre des chanoine de Saint-Augustin et le prieuré de Mortagne qui explique la nouvelle dédicace de l’église paroissiale d’Uzet à Saint Seurin, un saint évêque de Bordeaux du début du Ve siècle à l’historicité est un peu problématique même s’il possède à Bordeaux une superbe basilique datant du début du XIe siècle. 

Saint Seurin (Severinus), né en Orient, serait arrivé à Bordeaux vers 410 et aurait rencontré providentiellement l'évêque Amandus (bien attesté historiquement). Grégoire de Tours raconte dans son livre consacré aux saint pasteurs de la Gaule, In gloria confessorum : « l'évêque Amandus qui gouvernait l'église de Bordeaux, vit pendant la nuit, en songe, le Seigneur qui lui dit : ‘Lève-toi et va à la rencontre de mon serviteur Severin... - Et voilà que saint Severin venait comme au-devant de lui. Alors s’approchant, ils se saluent de leurs noms, se jettent tous deux dans les bras l’un de l’autre, et ayant fait leur prière, après s’être embrassés, ils entrèrent dans l’église en chantant à voix haute des psaumes ». C'est ainsi que Severinus serait devenu évêque de Bordeaux, son culte étant tout particulièrement encouragé par les comtes d’Aquitaine au Moyen-âge.

Devenue vétuste et ayant beaucoup souffert des affres des guerres de religions, l'église d’Uzet est désaffectée au cours du XVIIe siècle, sa destruction fut ordonnée en 1707. Une nouvelle église est construite à proximité dès 1689 mais près du port là où s’était installé le nouveau bourg. Cette église est mentionnée en 1709 par Claude Masse au cours d’une de ses pérégrinations à travers la Saintonge, celui-ci parlant d'une « grande chapelle ». Les travaux se poursuivirent jusqu'à sa consécration officielle en 1710 par l'archiprêtre de Saint-Fort, Fleurinon, et le prêtre titulaire de la paroisse de Saint-Seurin-d'Uzet, Michel Allary.

Entre 1857 et 1859, une campagne de restauration fut conduite par Victor Fontorbe, qui modifia quelque peu la structure du bâtiment. Cet édifice néo-roman forme un vaisseau unique de deux travées, terminé par une abside semi-circulaire. Deux absidioles viennent se greffer à la nef, dont l'une, datant de 1721, accueille la chapelle seigneuriale des barons d'Uzet. Les voûtes du sanctuaire sont entièrement charpentées, à la manière d'une coque de navire renversée. La façade de style néo-roman accueille arcatures et modillons surmontant un tympan représentant le Christ et les évangélistes.