Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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Parmi ceux qui sont nés d'une femme

08/12/2021

Parmi ceux qui sont nés d'une femme

Non seulement Jean est le plus grand des prophĂštes, plus grand que MoĂŻse qui donna la Loi Ă  IsraĂ«l, plus grand que David qui cĂ©lĂ©bra l’Éternel avec les psaumes, mais il est l’humain le plus accordĂ© Ă  la volontĂ© de Dieu de tous ceux qui sont nĂ©s d’une femme. 

 

Et en mĂȘme temps, de façon dĂ©routante, JĂ©sus le dĂ©crit comme plus petit que le plus petit dans le Royaume des Cieux. Entendons bien. JĂ©sus ne dit pas que Jean est en dehors du Royaume, mais que le plus petit dans le Royaume a reçu quelque chose que Jean n’a pas eu le temps, chronologiquement,  matĂ©riellement, d’accueillir ayant eu Ă  souffrir auparavant de la violence des hommes. Ce don est trĂšs probablement celui de la proclamation de la Bonne Nouvelle que Jean n’a pu entendre, ayant Ă©tĂ© capturĂ© et enfermĂ© dans la forteresse de MachĂ©ronte avant mĂȘme que JĂ©sus ne commence Ă  annoncer l’Évangile en GalilĂ©e.

 

A la maniĂšre d’Élie, Jean le Baptiste annonçait la proximitĂ© de l’intervention divine qui se dĂ©ploierait de façon violente et brutale. Rappelez-vous
  Â« DĂ©jĂ  la cognĂ©e se trouve Ă  la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va ĂȘtre coupĂ© et jetĂ© au feu
 Celui qui vient derriĂšre moi tient dans sa main la pelle Ă  vanner, il va nettoyer son aire Ă  battre le blĂ©, et il amassera son grain dans le grenier ; quant Ă  la paille, il la brĂ»lera au feu qui ne s’éteint pas. » (Mt 3, 10-12). Les signes que JĂ©sus posera pour signifier l’irruption du Royaume de Dieu, seront guĂ©rison des corps et des Ăąmes et communion pour tous, en commençant par les pĂ©cheurs et les publicains ! Stupeur de Jean le Baptise qui doit incessamment revoir ses idĂ©es sur Dieu. Et nous-mĂȘmes, comment nous laissons-nous rejoindre, surprendre et convertir par la Bonne Nouvelle de JĂ©sus-Christ ?

 

P. Pascal-Grégoire

BĂ©nie entre toutes les femmes

07/12/2021

BĂ©nie entre toutes les femmes

 Visage d’une femme, parachĂšvement de toute l’Ɠuvre crĂ©atrice et la promesse d’un relĂšvement qui hisserait la crĂ©ation Ă  la hauteur du cƓur de son CrĂ©ateur. Visage unique dĂ©jĂ  entrevu et cĂ©lĂ©brĂ© par l'Eternel lorsqu'il modelait la chair d'Adam, consolait Eve et les ouvrait tous les deux Ă  l’infini de la vie, malgrĂ© la blessure de la peur et de la dĂ©fiance, histoire de notre humanitĂ© oĂč pourrait s’accomplir enfin l’ultime rencontre, source de toute Paix et de toute SaintetĂ©.

 

GĂ©nĂ©ration aprĂšs gĂ©nĂ©ration, alliance aprĂšs alliance, Dieu guettait ce temps des fiançailles de l’éternitĂ© et de la poussiĂšre de la terre. Fiançailles dĂ©jĂ  annoncĂ©es et anticipĂ©es dans l'histoire  de la rencontre d’hommes et de femmes, myriades d’alliances humaines tissĂ©es d'espĂ©rance, d’amour, de craintes ou de larmes. Chair des femmes portant en elles la promesse de Celle Ă  venir, chair exultante de Sarah et chair convoitĂ©e de BethsabĂ©e, chair indomptable de Thamar et chair humiliĂ©e de Rahab
 Chair des femmes de tout un peuple levĂ© Ă  l’appel de son Dieu, prĂ©mices d’une humanitĂ© qui se dĂ©couvre invitĂ©e Ă  une rencontre d’amour. 

 

BĂ©nĂ©diction de ces myriades d’alliances qui ont tissĂ©, gĂ©nĂ©rations aprĂšs gĂ©nĂ©rations, la chair de celle dont le Verbe de Dieu devait prendre chair, chair en laquelle l’Eternel va imprimer Ă  jamais le sceau de son amour Ă©ternel, « rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son ĂȘtre » (Hb 1, 3) pour une alliance qui ne passera jamais. Marie, plĂ©nitude de notre humanitĂ©, toute accordĂ©e Ă  l’attente de Dieu et de ses frĂšres et sƓurs, resplendissante de grĂące et de libertĂ© : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » 

 

P. Pascal-Grégoire

C'est pas sérieux !

06/12/2021

C'est pas sérieux !

DĂ©laissant le troupeau des 99 autres brebis, le bon pasteur s’élance vers les cimes de la montagne, s’aventurant dans les anfractuositĂ©s du rocher et l’épaisseur des buissons d’épines, n’ayant cure des griffures et des pierres qui roulent sous ses pas impatients car son cƓur ne trouvera pas de repos tant qu’il n’aura pas retrouvĂ© l’agnelle perdue.

 

Nous restons confondus par l’expression d’un tel attachement. Et puis, il y a cette petite voix venue dont on sait d’oĂč et qui clame : « mais ce n’est pas sĂ©rieux ! » Comment un pasteur digne de ce nom, un homme responsable et Ă  qui on faisait confiance pourrait-t-il abandonner son troupeau pour une seule brebis Ă©tourdie ou rĂ©tive ? Et pourtant c’est bien ce que donne Ă  voir et Ă  entendre l’histoire que raconte JĂ©sus. Probablement pour nous faire pressentir combien chacun d’entre nous, dans son histoire minuscule et compliquĂ©e demeure cet ĂȘtre unique et magnifique aux yeux de l’Eternel, BĂ©ni soit son Nom ! Mais peut-ĂȘtre aussi pour nous rappeler que le Bon Pasteur sait qu’il peut faire confiance aux 99 autres brebis qui demeurent dans l’enclos de son cƓur.

 

OrigĂšne, l’un de nos trĂšs anciens sages, aimait donner une explication stellaire Ă  cette parabole : la brebis perdue Ă©tait notre humanitĂ© fourvoyĂ©e par le Satan, les 99 autres reprĂ©sentaient les myriades angĂ©liques qui entourent le TrĂŽne divin
 Certes sans vouloir jouer Ă  l’ange, nous pouvons nous demander comment personnellement et en famille, en paroisse, en fraternitĂ©, nous vivons cette confiance que le Pasteur fait aux 99 brebis et comment notre attitude rend ainsi possible la quĂȘte du Bon Pasteur. Comment aussi nous nous rĂ©jouissons avec lui de la  communion rĂ©activĂ©e avec ceux qui Ă©taient perdus. Il serait vraiment trop triste que Dieu soit le seul Ă  se rĂ©jouir. C’est aussi cela la mission des anges qui sans cesse contemplent la face de l’Eternel : jubiler du salut des brebis perdues.

 

P. Pascal-Grégoire

Ecarter les tuiles

05/12/2021

Ecarter les tuiles

Certains Ă©taient mĂȘme venus de JudĂ©e. C’est dire le sĂ©rieux de l’affaire. On susurrait d’ailleurs que les autoritĂ©s de JĂ©rusalem avaient envoyĂ© des docteurs de la Loi pour donner leur avis et dĂ©crĂ©ter si le MaĂźtre de Nazareth Ă©tait – ou non - du cĂŽtĂ© de Dieu. Finalement tout cela Ă©tait-il bien lĂ©gal et bien recommandable tant qu’il n’avait pas reçu l’estampille des autoritĂ©s religieuses. MĂȘme  si JĂ©sus faisait des miracles, c’est quand mĂȘme Ă  eux, les spĂ©cialistes de la Loi, de dĂ©crĂ©ter si ce rabbi pouvait prĂ©tendre donner accĂšs Ă  la PrĂ©sence du Trois Fois Saint par sa Parole et ses actes. AprĂšs tout, le religieux Ă©tait leur affaire. Ils avaient Ă©tĂ© validement Ă©tablis pour cela.

 

Et de scruter les gestes de JĂ©sus, et de sonder chacune de ses paroles. Et de lui tourner autour. Et de prendre toute la place. C’est que la raison est noble et gravement Ă©voquĂ©e : il s’agit de ne pas tromper le petit peuple qui souvent ne comprend pas bien : pas assez instruit (il faut de l’argent pour cela), pas assez respectueux des rites (il faut du temps pour cela) et si facilement manipulable.  Et de se dresser comme un mur autour de JĂ©sus. On ne passe pas ! C’est si vrai qu’il faut qu’un de ces pauvres types soit brinquebalĂ© par ses proches sur le toit de la maison et passĂ© au travers des tuiles qu’il a fallu tant bien que mal Ă©carter. Des pauvres gens, cela va s’en dire. « Voyant leur foi, JĂ©sus dit : ‘Homme, tes pĂ©chĂ©s te sont pardonnĂ©s » Plus rien maintenant ne peut l’éloigner de l’amour misĂ©ricordieux et sauveur de Dieu. La parole du Christ lui a redonnĂ© pleinement accĂšs Ă  son Dieu et Ă  sa vie. 

 

En cette annĂ©e de dĂ©marche synodale tant pour le diocĂšse de La Rochelle qu’à un niveau encore plus universel avec la rĂ©flexion demandĂ©e par le pape François sur la synodalitĂ© de l’Eglise, il peut ĂȘtre assez salutaire de nous interroger sur les tuiles Ă  dĂ©placer pour que les hommes et les femmes de ce temps puissent avoir rĂ©ellement accĂšs au Christ et Ă  la Bonne Nouvelle et que beaucoup, remplis de crainte, puissent dire : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

 

P. Pascal-Grégoire

Choisir le bon fuseau horaire

04/12/2021

Choisir le bon fuseau horaire

Un peu comme sur une chaĂźne d’infos continues, elle plonge dans une lumiĂšre aveuglante l’histoire de ces personnes qui sont censĂ©es faire la grande histoire. De fait, bien peu des contemporains de Jean le Baptiste ou de JĂ©sus ne devaient rencontrer dans leurs vies quotidiennes ces augustes personnages mais dont les faits et gestes pouvaient cependant impacter leur quotidien le plus ordinaire. Il valait mĂȘme trĂšs probablement mieux ne pas avoir Ă  faire avec de tels sires. Tant Jean le Baptiste que JĂ©sus en feront la tragique expĂ©rience.

 

Mais il existe une autre façon de vivre notre rapport Ă  l’histoire. Oser notre histoire non Ă  l’aune des puissants mais Ă  la lumiĂšre de Celui qui vient se dire Ă  l’intime : « 
 la Parole de Dieu fut adressĂ©e dans le dĂ©sert Ă  Jean, le fils de Zacharie. » Cette histoire n’est pas moins rĂ©elle, n’est pas moins vraie que celle des rois et des grands-prĂȘtres. Elle est juste plus discrĂšte, plus humble, plus accessible aussi car c’est bien dans nos histoires particuliĂšres et bienheureusement minuscules que s’opĂšre cette rencontre et le dĂ©ploiement d’une puissance de vie insoupçonnĂ©e qui s’origine dans le dĂ©sir de l’Eternel.

 

La prĂ©dication de Jean nous questionne alors sans fard sur l’espace oĂč nous voulons vivre notre propre vie. Devant les Ă©crans anxiogĂšnes et addictifs qui nous donnant le tournis  dans une immĂ©diatetĂ© mortifĂšre, nous blindent Ă  la rĂ©alitĂ© sensible du monde. Ou bien dans une proximitĂ© humble et discrĂšte qui nous garde Ă  portĂ©e de voix de frĂšres et sƓurs bien vivants. BĂątir avec eux une histoire fraternelle et simple, ne pas ĂȘtre des « sous-vivants » en se rĂ©signant Ă  vivre par procuration. A propos savez-vous ce qu’est devenu ce Lysanias d’AbilĂšne ? Il semblerait qu’il ait disparu des Ă©crans des rĂ©seaux sociaux !

 

P. Pascal-Grégoire

Comme un coeur qui bat

03/12/2021

Comme un coeur qui bat

A son contact, ces masses grouillantes et dĂ©sespĂ©rantes se redĂ©couvrent le troupeau sacrĂ© des « humbles de YahvĂ© »  tel que l’avaient promis les prophĂštes d’autrefois et les psaumes sĂ©culaires
  Â« Ainsi parle le Seigneur Dieu : Quel malheur pour les bergers d’IsraĂ«l qui sont bergers pour eux-mĂȘmes ! N’est-ce pas pour les brebis qu’ils sont bergers ? Voici que moi-mĂȘme, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersĂ©es, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les dĂ©livrer dans tous les endroits oĂč elles ont Ă©tĂ© dispersĂ©es un jour de nuages et de sombres nuĂ©es. » (Ez 34).

 

Mais cela ne suffit pas Ă  JĂ©sus. Alors mĂȘme que beaucoup viennent Ă  lui, le MaĂźtre appelle douze de ses disciples pour les envoyer au loin, vers les brebis perdues d’IsraĂ«l pour poursuivre, prolonger, Ă©largir cette puissance de salut manifestĂ©e par le Prince de la Paix. Les mĂȘmes gestes du MaĂźtre accomplis maintenant par les disciples dispersĂ©s aux quatre vents manifesteront aussi sĂ»rement la proximitĂ© du Royaumes des Cieux. Dans un mĂȘme mouvement, le Christ attire Ă  lui tous les humbles de la terre et envoie ses disciples pour rĂ©fracter sans fin son amour, comme un lent et puissant mouvement de flux et de reflux, comme un cƓur qui bat, comme le cƓur de Dieu
 

 

Et nous-mĂȘmes, le secret de nos vies n’aurait-il pas Ă  voir avec cette respiration originelle de gratitude et d’émerveillement, de confiance redonnĂ©e et d’audace Ă  exister ?  Venir prĂšs de Lui, y trouver toute notre joie et notre paix. Se lever ensuite sans bruit pour les proposer, les partager, les propager
 car sans cela, nos vies cesseraient d’ĂȘtre. « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » comme le souffle  originel de la premiĂšre aspiration, battement amoureux d’un cƓur qui appelle et aspire Ă  l’ultime communion.

 

P. Pascal-Grégoire