Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

11 bis place des Halles  - 17120 Cozes

paroissecozes@gmail.com

05 46 90 86 55  

Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

En paroisse

Pendant le deuxiène confinement, un soutien dans la prière

Pour que tressaille la vie espérée

17/12/2021

Pour que tressaille la vie espérée

Sur l’indication discrète de l’ange, Marie a quitté le village de Nazareth, se mettant à l’écart quelques semaines, le temps que retombent toute l’effervescence et le qu’en dira-t-on que son « oui » au projet divin n’a pas manqué de soulever.

 « Vous vous rendez-compte : Joseph a fait avancer la date du mariage… ». « Mais alors, ce sera un petit mariage ? », « c’est qu’il va falloir se dépêcher de rassembler la dot ! »… Prenant la route de la Judée, Marie se donne le temps d’accueillir la Parole qui maintenant prend chair en elle. Elle sort de Nazareth comme autrefois ses pères étaient sortis d’Égypte par des routes qu’ils n’auraient jamais imaginé devoir prendre.

 

Une sienne parente s’est proposée pour l’accueillir : Marie vient tout juste de franchir le seuil qu’Élisabeth porte subitement les mains à son ventre, toute remuée par ce qu’elle vient de ressentir. L’enfant qu’elle n’attendait plus, vient à l’instant même de bouger violemment et fait naître sur les lèvres d’Élisabeth une prière de bénédiction et d’action de grâce. L’advenue du Verbe auprès de cette femme déjà à l’automne de sa vie déclenche une explosion de joie et de vie que l’on n’attendait plus : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Quotidiennement son époux Zacharie se rendait à Jérusalem  pour y rendre à l’Éternel le culte qui Lui était dû selon les liturgies séculaires et solennelles du Temple. Et voilà qu’elle, Élisabeth au nom prophétique (« Maison de Dieu ») découvre qu’en Marie, c’est le Trois-fois Saint qui vient quémander l’abri de son propre toit. Un Dieu qui aurait comme renoncé à une part de sa transcendance pour se faire le tout-proche : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père… Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. » (Jn 4, 21-23).

 

Notre Église à l’image de Marie n’est jamais autant fidèle à sa vocation que lorsqu’elle est amenée  sur les routes de l’exode et de l’inexploré, cheminant auprès d’autres hommes et d’autres femmes eux-aussi en chemin. Demeurant humblement auprès d’eux, elle partage avec eux l’attente d’un bonheur et d’une paix que nous ne savons plus nommer mais que nous tous espérons. Alors la présence du Verbe, enfoui, caché au sein d’une Église peut-être encore mal assurée sur ces chemins inédits et peut-être même non-désirés, viendra de la même façon faire tressaillir la vie venue de Dieu là où on l’attendait plus.

 

P. Pascal-Grégoire