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Quelque chose qui s’éveille dans la nuit

26/11/2021

Quelque chose qui s’éveille dans la nuit

Proclamation du prophète Isaïe : « Regarde : la nuit couvre la terre, un brouillard enveloppe tous les peuples » (Is, 60, 2). Et nous d’ouvrir les yeux : combien sombres apparaissent, de fait, les jours que nous connaissons et l’approche humide et froide de l’hiver n’en est guère qu’une cause bien secondaire. 

Nuées sombres de l’incertitude sanitaire qui persiste encore et difficultés à donner corps à un monde qui pourrait être un peu différent après, en mieux. Rumeurs de guerre qui se nourrissent de la misère sempiternelle des peuples dépouillés, propulsant sur les routes meurtrières de l’exil les plus fragiles, les plus démunis…  et des petits tyrans locaux qui en profitent pour avancer leurs pions intéressés. Nos communautés chrétiennes encore groggy et sonnées  par des trahisons qu’elles ne pouvaient ou ne voulaient imaginer, et les gestes qui manquent encore et encore pour dire que cela ne sera plus possible… Ne semblent constants que la nuit et le brouillard où nos cœurs vont s’alourdissant de trop de questions, de trop de craintes, de trop d’inéluctable. Les corps et les âmes ne s’engourdissent pas tant au manque de chaleur qu’au manque d’espérance...

 

Le danger, il est là ! Bien réel : se laisser endormir et finalement engloutir par les sirènes du cynisme et du désenchantement. Et le Christ de nous secouer en ce premier jour de l’Avent : quels que soient ces événements contraires et terribles que nous rencontrons, demeure l’invitation pressante : « redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est toute proche ! » Il s’agit de ne pas s’endormir : « tenez-vous sur vos gardes de peur que votre corps ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie » ! Il s’agit de ne pas se laisser aller à un sommeil mortifère qui nous arracherait à nous-mêmes et à la visite proche de notre Dieu, aujourd’hui comme hier dans la nuit de Palestine.

 

Un drôle de petit santon de l’abbaye de Jouarre vient nous rejoindre pour ouvrir ce temps de l’Avent : c’est le « porteur-de-jour » qui s’avance avec son coq. La venue du Prince de la Paix est aussi inéluctable que le surgissement du jour quoi qu’il en soit des nuits d’effroi et de stupeur. Ce coq  qui va annoncer l’aurore toute proche, est aussi celui qui nous donne aujourd’hui à entendre comme par trois fois une autre parole murmurée dans une aube de Palestine, une question, la seule qui vaille et qui, seule, nous conduira plus loin que la nuit : « et toi, m’aimes-tu ? »

 

Père Pascal-Grégoire DELAGE