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Pour les enfants d'Ephraïm

26/03/2021

Pour les enfants d'Ephraïm

Que nous aimerions connaître le nom de cet ami qui, à Ephraïm (c’est aujourd’hui Taybbé), a offert l’hospitalité au Maître et à ses disciples, le visage grave et souriant de sa femme lorsqu’elle a ouvert la porte de leur demeure, les yeux écarquillés des enfants, subjugués par la venue de Jésus sous leur toit, mais qui n’osent pas bouger et demeurent silencieux car ils sentent bien eux-aussi qu’il se passe quelque chose de grave. Quelque chose d’infiniment plus grave et plus important que la grande fête de Pâque qu’ils se préparent à célébrer dans quelques jours.

Le Maître a quitté au matin la Ville sainte. Son arrestation a été décidée par les autorités religieuses de son peuple. Si le rappel à la vie de Lazare a ébranlé le cœur de beaucoup, c’en était trop pour les grands-prêtres et les experts patentés de la Loi qui voyaient la situation leur échapper complétement. Et à quelques jours de Pessah alors que les pèlerins ne cessent d’affluer vers Jérusalem. Et de tenir ces propos de plus en plus accablants, accusateurs auxquels le Malin se plaît à instiller une logique aussi fausse que meurtrière : « Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Le raccourci est saisissant, la démonstration escamotée. Et pourtant, c’est ce qui adviendra précisément quarante ans plus tard, sans que Jésus ou ses disciples n’en soient historiquement responsables.

 

Quand on veut noyer son chien… Et le grand-prêtre, saisi d’une inspiration subite, qui veut faire de Jésus un bouc émissaire pour couper court à l’effervescence qui monte dans les rues de la ville. Pas un bouc émissaire, mais l’Agneau immaculé d’une Nouvelle Pâque, d’une Pâque inédite dont le sang sera versé pour la multitude. « Ce qu’il disait-là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. »

 

Aujourd’hui, Jésus est sorti tôt du village et il regarde vers le sud où se découpe dans le lointain la silhouette de ville Sainte. Il fait corps et sang avec la volonté de son Père, avec ce désir infini de vie et d’amour à partager. Il se prépare à entrer dans la grande prière de l’offrande selon son Heure à lui. « Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » (Jn 10, 18). Jésus se rend compte que quelqu’un l’a rejoint. Le plus jeune des fils de son ami. Intimidé, l’enfant lui fait signe. Le repas est prêt.

 

P. Pascal-Grégoire