Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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Avec les sans-Dieu

25/03/2021

Avec les sans-Dieu

« De nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus » comme naguère à Nazareth, comme maintenant à Jérusalem où des hommes zélés pour la Loi n’en peuvent plus de ce rabbi de Nazareth qui propose un autre visage de Dieu qu’ils se sont sculptés, verset après verset, rituel après rituel, Jésus, lui, évoquant un Dieu se rendant présent à sa création, un Dieu cadeau à sa création, un Dieu veillant sur le monde comme un Père espère ses enfants.

Mais l’Envoyé ne périra pas enseveli sous les pierres des zélés. Non, il sera élevé de terre afin que sur les traits du supplicié, soit exposé à tous jusqu’où n’a pas hésité à condescendre la Miséricorde divine : « « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS » (Jn 8, 28) et cette épiphanie terrible sera la manifestation du salut offert à tous sans exception : « ‘et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes’. Il signifiait par-là de quel genre de mort il allait mourir. » (Jn 12, 32).

 

Prenant à bras le corps l’antique malédiction que l’on prêtait à l’Éternel selon le Livre du Deutéronome : « Lorsqu’un homme ayant commis une faute passible de mort a été condamné à mort et pendu à un arbre, on ne laissera pas son cadavre sur l’arbre durant la nuit. Tu devras le mettre au tombeau le jour même, car un pendu est une malédiction de Dieu » (Dt 21, 22), Dieu assume en son Fils d’être un maudit, un sans-Dieu, un sans-espérance. C’est dire aussi qu’il n’est plus de vie dont on puisse décréter qu’elle soit écartée de Dieu car l’Éternel lui-même en son Fils s’est rendu présent et aimant jusqu’en ces espaces-là.

Et maître des temps et de l’histoire, Jésus se retire pour l’instant dans une toute petite bourgade au-delà du Jourdain, là où avait commencé sa prédication après le baptême de Jean, là où la police du Temple ne pouvait pas juridiquement intervenir. Viendra bientôt le signe qu’il attend, l’appel angoissé de ses amies de Béthanie et le moment de monter une dernière fois à Jérusalem pour y vivre sa Pâque, notre Pâque.

 

P. Pascal-Grégoire