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Ces privilèges qui nous entravent

23/03/2021

Ces privilèges qui nous entravent

Ça se présente vraiment mal et on peut avoir l’impression que même Jésus n’y met pas du sien. Et pourtant il s’adresse à ceux des autorités religieuses de Jérusalem qui viennent de se déclarer en sa faveur ! Comment ne pas être frappé de stupeur par la virulence extrême de l’échange. Et c’était avec des hommes plutôt favorables à Jésus alors avec les autres !!! Comment en était-on arrivé là pour que Jésus en vienne même à démasquer le désir de meurtre qu’ils avaient enfoui en leur cœur ?

L’entretien du Maître avait commencé comme à son habitude en initiant ses auditeurs à l’inouï d’une nouvelle relation à Dieu, aux autres et à eux-mêmes. Et de les conduire à contempler cette vérité qui les rendra réellement libres. Qu’est-ce Jésus n’avait pas dit ! La réaction fuse, un véritable scud : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? » Jésus s’en prendrait-il au fondement le plus intangible de leur peuple, le privilège de leur naissance, le droit du sang, le droit de l’élection ? Abomination. Cela voudrait dire qu’ils seraient comme les autres. Il y a une autre compréhension possible de la parole de Jésus : dans l’antiquité, celui qui n’était pas libre était tributaire de tous les caprices de son maître et cela aurait remis de façon très dangereuse la pureté rituelle et l’affichage scrupuleux de la Loi dont se targuaient les auditeurs de Jésus.

 

Jésus aura beau essayé de leur ouvrir les yeux et de leur montrer qu’il leur parle de liberté à l’égard du mal et du péché, c’en est trop pour ces hommes qui se sont sentis menacés dans leur légitimité héréditaire et leur possession tranquille de la vérité. Leur réaction primale et violente est à la hauteur du danger qu’ils ont flairé dans les propos de Jésus. Et de cracher leur venin à la face du Maître : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! » « Tu relatives les privilèges de notre naissance mais, nous, nous sommes bien au courant des bruits qui circulent autour de ta naissance. » Une insulte aussi sûrement mortelle qu’une flèche parthe !

 

« La vérité vous rendra libre. » Comment accueillons-nous cette Bonne Nouvelle et cette injonction à choisir la vie ? Est-ce que parfois le sentiment d’être nés dans de « bonnes familles », d’être passés par les « bonnes cases » ne nous donnent pas le sentiment d’être légitimement en possession des promesses divines et ne nous ferment à l’accueil de la Présence divine quand elle a le mauvais goût de ne pas se présenter à nous telle que nous l’imaginons ? L’Évangile nous donne une bonne piste de discernement : notre cœur se tourne-t-il vers l’écoute ou la guerre quand surgit l’inouï ou l’inédit ? « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »

 

P. Pascal-Grégoire