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Quand vient l'heure de la moisson

20/03/2021

Quand vient l'heure de la moisson

Nous nous rappelons comment, il y a déjà plusieurs mois - cela apparaît maintenant si lointain, au cours d’une noce galiléenne et alors que Jésus était interpellé par sa mère, il lui répondit : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Et voilà qu’aujourd’hui, arrivé à Jérusalem avec ses disciples depuis plusieurs jours pour y célébrer la fête de Pessah, Jésus déclare solennellement : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. » Que s’est-il passé qui place Jésus face à son destin et l’accomplissement du dessein divin ?

Cela peut paraître anecdotique, voire insignifiant. Une petite poignée de païens, des « Grecs » note l’évangéliste Jean, très impressionnés par le culte d’Israël au point d’avoir entrepris le grand pèlerinage à Jérusalem, ont cherché à rencontrer Jésus. C’est juste cela, mais c’est tout cela. La proclamation de Bonne Nouvelle du Royaume est en passe de basculer du côté des Nations. Jésus y entend à travers cette démarche - que pratiquement personne n’a dû remarquer -, que vient de s’accomplir la grande promesse de l’Éternel faite à Abraham à l’orée de l’histoire du Salut, la promesse d’un Dieu offert à tous les humains de la terre et espéré par tous. Adam cherche à voir son Dieu. 

 

C’est alors le moment d’un véritable lâcher-prise pour Jésus. Ne compte plus pour lui maintenant que de s’abandonner avec confiance entre les mains du Père. « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » La proximité de la mort est là, bien réelle, terriblement réelle comme à Gethsémani : « Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! »

 

Reste la confiance et l’inébranlable foi du Christ en son Père pour entrer dans l’angoisse et la souffrance qui, lambeau après lambeau, nous arrachent à nous-même et à ceux que nous aimons. Et l’assurance superbe du Christ que la vie donnée par amour nous conduira plus loin que l’effondrement de nos existences : « là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » L’heure est venue des moissons. Alors que se profile l’ombre de la croix, Jésus nous invite à oser contempler avec lui les fruits recueillis de nos vies dans le mystère de l’Amour offert jusqu’au bout.

 

P. Pascal-Grégoire