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La banalité du mal

19/03/2021

La banalité du mal

Ils sont déjà tous là. Les trois groupes qui vont harceler le Christ sur la croix : la foule, les soldats, les grands-prêtres et les pharisiens. Trois facettes de notre humanité qui vont porter jusqu’en ses derniers instants les trois tentations dont le Satan avait assailli le Christ au tout-début de son ministère. Ils sont tous là, mais rien n’est joué. Loin de là et se font jour et s’entrechoquent des aspirations contraires à comprendre et à croire, à détruire et à manipuler. Tout est brouillé et embrouillé : le mal fait ses délices de la confusion et de la fausseté.

Ils sont déjà tous là. Les trois groupes qui vont harceler le Christ sur la croix : la foule, les soldats, les grands-prêtres et les pharisiens. Trois facettes de notre humanité qui vont porter jusqu’en ses derniers instants les trois tentations dont le Satan avait assailli le Christ au tout-début de son ministère. Ils sont tous là, mais rien n’est joué. Loin de là et se font jour et s’entrechoquent des aspirations contraires à comprendre et à croire, à détruire et à manipuler. Tout est brouillé et embrouillé : le mal fait ses délices de la confusion et de la fausseté.

 

Regardez la morgue des religieux qui font la leçon aux militaires qui, eux, se sont laissés un instant touchés par la force et l’autorité de la parole du Maître. Et de recourir au mensonge pour les ranger de leurs côtés en plaidant un bel unanimisme de façade : « Parmi les chefs du peuple et des pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? » Ah bon ? Et dans leur propre conseil, Nicomède se lève justement pour prendre la défense du Maître. Et Joseph d’Arimathie n’était-il pas présent ce jour-là ? Nulle vergogne pourtant chez ces religieux à recourir au mensonge et à duperie pour bétonner leur position et qu’importe la vie d’un innocent, l’espérance d’Israël et même la volonté de l’Éternel !

 

A leurs mensonges s’ajoute ce mépris hautain pour ce peuple qu’ils avaient pourtant mission de sanctifier : « Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Comment peuvent-ils parler ainsi des fils et des filles d’Abraham ? Quelle folie a saisi leurs âmes cupides et leur fait faire étalage public de leur perversité ? Maîtres fous et furieux, c’est précisément dans cette foule que vous ne regardez même pas, que l’on se pose les bonnes questions et que l’on s’interroge et questionne l’Écriture pour cerner le mystère de l’homme venu de Galilée… ou de Bethléem.

 

Le mensonge ne suffisant pas, les menaces vont suivre pour faire entrer les dissidents dans le rang : « Serais-tu, toi aussi de Galilée ? », sous-entendu, tu ne resteras pas longtemps en notre conseil… Les soldats rappelés à l’ordre, les sages au silence, la foule à l’insignifiance, les grands-prêtres et leurs conseillers vont pouvoir se concentrer sur le plus urgent et le plus important, leurs petites personnes : « puis, ils s’en allèrent chacun chez soi. » Terrible banalité du mal rappelée par Hannah Arendt et qui va emporter le Fils de l’Homme comme tant de ses frères. 

 

P. Pascal-Grégoire