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La confiance pour aller à Dieu

13/03/2021

La confiance pour aller à Dieu

Le fil de cette discussion est resserré, ramassé au point d’être difficile à saisir même pour un maître de la Loi comme Nicomède. Certains ont trouvé que les propos rapportés de cette rencontre ont quelque chose de binaire, voire de manichéen : croire/ne pas croire, vérité/jugement ; lumière/ténèbres… De fait, l’évangéliste Jean n’a conservé que l’épure d’une discussion qui a dû durer toute la nuit. Mais quel foyer incandescent au cœur de cet échange : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils Unique… pour que, par Lui, le monde soit sauvé. »

Mais déjà en nous laissant rejoindre par la Parole, en la laissant parlé en nous, il apparaît que Jésus ne s’exprime pas sur un mode binaire, un peu à la manière de nos ordinateurs : 0 ou 1, 0 ou 1, 0 ou 1… Les images qu’il emploie ne s’opposent pas précisément les unes aux autres. Il s’agit d’autre chose. D’une expérience vécue. C’est un peu comme faire du vélo. Soit le vélo est à l’arrêt, soit il roule avec un quidam sur la selle. Et faire du vélo n’a rien de binaire : c’est la possibilité d’une ballade magnifique et de rejoindre amis ou parents, ou encore de faire route avec eux.

 

Bien sûr, Jésus ici ne nous parle pas d’enfourcher notre vélo, mais il nous propose de déployer notre vie sous le mode de la foi et de la confiance (on se rappelle que c’est le même mot en grec), le mot même de « vérité » (aléthéia) est aussi souvent utilisé pour traduire le mot araméen de « confiance ». Dès lors, l’enseignement de Jésus devient lumineux : celui qui ose sa vie sur le mode de la foi/confiance (en Dieu, en l’autre, en son conjoint, en ses amis...) échappe au jugement. Le jugement étant se « condamne » à vivre dans un monde étriqué, mesuré, mesquin. Un monde où l’on ne cesse de se heurter à ses limites ou à celles des autres avec apprêté parce qu’on s’est privé de la lumière de la confiance.

 

Mais n’est-il pas dangereux de tout miser sur la confiance ? Ne risque-t-on pas d’y perdre des plumes ? De se faire avoir par des malins, des retors ou des requins ? C’est un risque réel. Jésus l’assume entièrement et jusqu’au bout, jusqu’à la croix. Non par une pulsion malsaine d’avoir raison contre tous les autres (« je vous l’avais bien dit… »), mais parce que jusque sur la croix, il a placé tout son être et toute sa confiance dans le Père. Et qu’il croit que son Père, parce qu’il est justement Père, ne pourra l’abandonner. Le psaume 21 que Jésus reprend encore sur la croix, « Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? », se termine par un acte de foi en l’Éternel : « Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son œuvre ! » . « Ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » Il n’est d’autres chemins pour aller vers le Père que celui de la confiance tel que Jésus l’a tracé pour nous jusqu’au bout.

 

P. Pascal-Grégoire