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Enrayer la violence

08/03/2021

Enrayer la violence

Ce qui me frappe le plus dans cette parabole que Jésus propose à Pierre sur l’urgence de pardonner, c’est le recours à des images extrêmement violentes : «le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. », «  il le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. » et encore : «  Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. ». C’est que, indépendamment des usages judiciaires qui avaient cours à l’époque de Jésus, le péché en lui-même est toujours un déploiement de violences.

Ce qui me frappe le plus dans cette parabole que Jésus propose à Pierre sur l’urgence de pardonner, c’est le recours à des images extrêmement violentes : «le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. », «  il le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. » et encore : «  Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. ». C’est que, indépendamment des usages judiciaires qui avaient cours à l’époque de Jésus, le péché en lui-même est toujours, d’une manière ou d’une autre, un déploiement de violences.

Ces hommes en ne remboursant pas les sommes empruntées lèsent ceux à qui ils ont empruntées. Dix mille talents d’argent, c’est quand même 25 millions de nos euros… Pas sûr que même si ce débiteur ait eu beaucoup, beaucoup d’enfants à vendre comme esclaves, cela ait pu éponger une part significative de la dette ! Sa dette non remboursée (mais qu’est-ce qu’il a bien pu faire avec une telle somme ?) aurait pu mettre en danger le budget même du royaume. Tout péché, d’une manière ou d’une autre, est une violence, une destruction infligée à l’autre (ou à soi-même) quand le tentateur nous fait miroiter que, bien au contraire, on va y trouver notre jouissance ou notre profit.

C’est à bien à cela que l’on reconnaît le péché, c’est qu’il est fondamentalement semeur de mort et trompeur. « Depuis le commencement, le diable, dit Jésus, a été un meurtrier. Il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Quand il dit le mensonge, il le tire de lui-même, parce qu’il est menteur et père du mensonge. » (Jn 8, 44). Nous avons là un critère de discernement très important pour notre propre conduite. Alors s’accuser d’avoir mangé trop de chocolat ! Pourquoi pas… si cela a entraîné une réelle violence contre notre santé ou encore si nous réalisons que nous ne payons pas ce produit à un prix juste qui corresponde au travail de ceux et celles qui ont produit le cacao.

Le Christ nous indique une seule parade, une seule protection contre cette prolifération protéiforme du péché lorsqu’il s’attaque à nos vies. Pardonner et pardonner encore. A la violence qui a été faite et assenée en pleine face, donner à l’autre la chance de pouvoir se révéler autre que le mal commis. Lui permettre de vivre à nouveau en ne l’accablant pas, ne le laissant pas à terre, terrassé sous le poids de sa faute. « Va et ne pèche plus » comme le dit Jésus à cette femme qui avait détruit la confiance de son couple. Et Jésus ? Pour combien de pièces d’argent a-t-il était vendu ? Dérision des pécheurs humains. Déraison du pardon divin.