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Chemin de Carême : La confiance jusqu'au bout

05/03/2021

Chemin de Carême : La confiance jusqu'au bout

« Voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! Tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. » Qui oserait dire à l’écoute de cette parabole que Jésus énonce à l’intention des grands-prêtres et des anciens que le Christ fut un prophète bien naïf égaré au  pays des bisounours ? Parvenu au terme de son pèlerinage à Jérusalem, Jésus est sans illusion sur le sort terrible que les autorités religieuses vont lui infliger, ces autorités si sourcilleuses de leur petit pouvoir et si conscientes de l’extraordinaire fragilité de leur mainmise sur les foules. « Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète. » La peur, la plus primale et la plus fantasque des conseillères…

Face à ces hommes qui se sont accaparés les leviers du pouvoir, de l’avoir et du savoir, Jésus n’a que la force de sa parole et son acquiescement total au désir de son Père. Alors il raconte. Sa voix s’élève, paisible, qui raconte toute l’histoire de l’Alliance dans ce conte d’un homme qui planta un domaine magnifique pour un vin sans pareil et qui y associa un groupe de vignerons pour faire produire son fruit à la vigne. Nous connaissons la suite et ce déferlement de violence dicté par la cupidité et ce fourvoiement de la toute-puissance de quelque-uns.

 

Alors que Jésus raconte, un drôle de sentiment nous saisit. Et si c’était lui, le maître de la vigne, qui s’était montré imprudent, voire bien trop naïf… C’était le G.I.G.N. qu’il fallait envoyer, pas son Fils ! Mais Jésus vibre du même projet et du même dessein que le Père. Nulle naïveté ou candeur coupable mais cette impossibilité pour Dieu de ne pas laisser une chance aux méchants. « Ils respecteront mon fils. » Dieu sait et connaît les mille et un dévoiements que l’homme est capable d’imaginer pour alimenter sa soif inextinguible de puissance, mais Il osera, encore et encore, faire confiance jusque sur la croix car Son être n’est qu’amour et confiance.

 

La parabole se termine par une interrogation : « Quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » La réponse fuse à l’image de ces hommes qui savent déjà le sort qu’ils vont réserver au Fils. « Ces misérables, ils les fera périr misérablement. » Le sang pour le sang. Jésus, lui, ne répond pas à la question, et encore moins ne valide la réponse des religieux. Ou plutôt, il répondra plus tard, quand il sera jeté hors de la vigne : « Père, pardonne-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Mais malheur à ceux qui auront fait couler violence et crimes en usurpant la place du Fils : le Royaume leur sera enlevé pour que d’autres fassent fructifier la vigne et que les petits puissent se réjouir de son fruit.

 

P. Pascal-Grégoire