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Chemin de Carême : Un banquet comme avant-goût du salut

19/02/2021

Chemin de Carême : Un banquet comme avant-goût du salut

« Abandonnant tout, Lévi se leva et   il suivait Jésus. » Abandonnant tout ? Oui, Lévi est riche, bien plus riche que la plupart des villageois de Capharnaüm avec tout ce que cela représente de confort, mais surtout de sécurité matérielle et alimentaire. C’est vrai, mais Lévi sait qu’il est aussi en train d’abandonner les hochements de têtes désapprobateurs sur le passage de ce sale collabo, quand ce ne sont pas les crachats et les injures, les coups des Romains aussi quand il n’y a pas assez d’argent dans la caisse… Oui, c’est aussi cette vie entre parenthèses, quasi-clandestine qui l’oblige à raser les murs entre son opulente demeure et le bureau de l’octroi sur le port… Est-ce qu’il l’a choisi, lui, cette vie de paria ? Il faut bien qu’il y en ait qui se salissent les mains avec les Romains pour que la machine tourne…

Mais aujourd’hui on a dé-barricadé les portes et les fenêtres de la vaste maison de Lévi. On a tendu des voiles au-dessus de la cour, des tapis et des divans ont été disposés tout autour. Et ils arrivent, encore et encore, des collèges de Lévi, mais aussi des voisins, d’autres villageoise et même des pêcheurs du lac, Pierre et son frère André, les enfants de Zébédée… et d’autres encore, et le Maître de Nazareth. Pour la première fois, on chante et on rit portes ouvertes dans la maison de Lévi. Le vin et les brochettes circulent comme les petits pains encore fumants. On s’interpelle d’un sofa à l’autre quoi qu’il en soit de la mine scandalisée d’un petit groupe de pères-la-morale qui se sont retranchés dans un coin de la cour, s’étant miraculeusement auto-statufiés en gardiens de la Loi de Moïse. La pieuse exposition de leur vertu outragée ne parvenant à pourrir la fête, ils interpellent les disciples du Maître de Nazareth : « Pourquoi mangez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Parce que…

 

… passant devant la douane, Jésus n’a pas vu un pécheur, un publicain, un sale collabo, une sangsue qui s’enrichit de la peine des autres. Non, il a remarqué un homme du nom de Lévi, un homme avec sûrement sa part de joie mais un homme aussi abîmé par trop de souffrances, trop de solitude, un être en attente de fraternité et d’amitié… Ce que l’appel du Christ va offrir à Lévi, c’est précisément une vie en relation, une vie ouverte aux autres, une vie hospitalière. Lui aussi pourra faire l’expérience que sa vie peut être donnée, et qu’elle est déjà assez belle pour être offerte… Ce qui circule en ce banquet villageois, ce ne sont pas seulement les coupes et les rires, c’est quelque chose qui vient du cœur même de Dieu, du Dieu-communion, du Dieu-relations, à l’image duquel Lévi a été créé. L’appel de Jésus lui a donné de capter quelque chose de ce souffle divin et de l’accueillir en sa vie. Invitation à la vie : « Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pêcheurs, pour qu’ils se convertissent. »

 

P. Pascal-Grégoire