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En paroisse, résister à la violence

09/12/2020

En paroisse, résister à la violence

Tout semble énigmes et interrogations dans cet évangile.  Que veut bien vouloir dire Jésus quand il parle de Jean le Baptiste comme « le plus grand des hommes nés d’une femme et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux » ? Que Jean le Baptiste soit le plus grand des mortels, cela nous le comprenons bien, lui qui est le sceau des prophètes et dont la naissance avait été l’objet d’une annonciation semblable à celle qui fut faite à Marie. Le plus petit dans le Royaume des cieux… Nous sentons bien qu’il ne s’agit pas d’une disponibilité intérieure, de qualités morales ou spirituelles qui l’auraient comme « minimisé », lui qui fut un géant au désert. 
Il doit s’agir d’autre chose qui lui a échappé ou qui est venu après… Jean, en raison de sa propre trajectoire, de son arrestation et, finalement, de son assassinat, n’a jamais pu devenir auditeur et disciple de la Parole de Jésus. En ce sens, Jean le Baptiste appartient au monde de la Première Alliance.

Figure du prophète Élie dont tous attendaient la venue pour ouvrir le chemin du Messie - la littérature rabbinique s’en fait encore l’écho aujourd’hui -, Jean n’a pu en raison même de la violence qui lui a été faite emprunté ce chemin qu’il a montré. 
Le Royaume de Dieu advient sûrement en Jésus et quelle grâce pour nous de pouvoir nous y engager lorsque nous laissons la Parole de Dieu prendre chair dans nos vies. L’avertissement du Christ demeure. La même violence qui s’est dressée contre Lui et Jean le Précurseur, accompagnera toujours l’histoire de ceux et de celles qui aspirent à être héritiers du Royaume. 
S’il importe finalement peu à Dieu que nous soyons petits ou grands dans le Royaume, il n’y a rien de plus urgent pour Lui que le Royaume soit à portée de cœur et d’espérance des petits de ce monde par-delà la violence des puissants de ce monde. Dieu s’est fait un enfant sans défense pour cela à Noël. Quelle est la puissance de mon désir d’offrir à d’autres l’horizon du Royaume quoiqu’il en soit des violences exercées par les princes de ce monde ? 
 
François nous rappelle comment il est possible d’accueillir en nous le souffle irrépressible du désert qui nous conduit aux portes du Royaume : 
 
Seigneur,
Est-ce toi qui viens m’appeler ?
Toi, qui viens desserrer les écrous, déverrouiller les serrures, ouvrir les cadenas ?
 
 Tout s’ébranle, se fendille,
Des fissures jaillit un feu ardent :
Tu viens libérer cette force inconnue, fulgurante, jaillie de profondeurs.
Elle embase mon cœur et mon corps.
Mon être s’élance, se tend, s’étire vers Toi et crie :
« Père,
Je te désire, je T’aime à la folie. »
 
Est-ce moi qui Te désire ?
Est-ce Toi qui me désires ?
Ton désir, mon désir se rejoignent, 
Se fondent en une explosion éblouissante de Vie.
 
Seigneur,
Tu es fou !
Moi aussi.