Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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En paroisse, à l'école de Marie

07/12/2020

En paroisse, à l'école de Marie

En cette solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, nous réentendons le récit de la salutation angélique à la toute jeune femme de Nazareth : « Je te salue, Comblée de Grâce, le Seigneur est avec toi. » Ou pour être plus proche du texte grec : « Réjouie-toi, Toute embellie de Grâce, le Seigneur est avec toi ». Chairè (« Grâce ») est un mot très fort en grec qui signifie à la fois la joie et la beauté, la grâce et la croissance. C’est ce qui rend gracieux parce qu’aimé, espéré et, d’emblée, gracié parce que comblé d’amour. Ainsi la toute jeune femme de Nazareth espérée et aimée par Dieu dès l’origine des temps, espérée pour être la mère du Verbe divin, aimée pour le « oui » qu’elle offre librement à l’Éternel. 

L’envoyé permet à Marie de reconnaître l’amour qui l’a enveloppé depuis son premier souffle et lui donne d’accueillir librement en elle l’être même de cet Amour qui vient frapper à la porte de son histoire. « Voici la servante du Seigneur. Que tout m’advienne selon ta parole. » Alors la chair de Marie devient l’écrin précieux où germe et se tisse l’Être entièrement Don, la Vie offerte en abondance, le Bonheur révélé dans l’Offrande.
Oui de Marie à l’exil en Égypte. Oui de Marie à l’enfant qui lui échappe. Oui de Marie à l’incompréhension des siens. Oui de Marie au pied de la croix. Oui de Marie au petit matin de Pâques. Oui de Marie au Souffle commun du Père et du Fils.
Entendons-nous personnellement ce matin la salutation que l’ange nous transmet de la part de l’Éternel : « Réjouis-toi, toi aussi aimé(e) et désiré(e) du Seigneur. » Quoiqu’il en soit du poids de nos révoltes et des impasses de nos manques d’amour, quel est notre désir de laisser le Tout-Gracieux et le Tout-Graciant prendre corps en nos vies.
 
En ce deuxième anniversaire de la béatification des martyrs d’Algérie, Nelly nous propose de faire notre l’intercession de Pierre Claverie, l’évêque d’Oran, pour l’Église tant il est vrai que comme le disait le bienheureux Isaac de l’Étoile (un bienheureux qui vécut dans l’île de Ré !) tout ce qui se dit de Marie peut se dire de l’Église et réciproquement, une Église à l’image de Marie au pied de la croix, stabat Mater  porteuse de résurrection :
 
Où serait l’Église de Jésus-Christ, elle-même Corps du Christ, si elle n’était pas là d’abord, au pied de la croix ? Je crois qu’elle meurt de ne pas être assez proche de la Croix de son Seigneur. Si paradoxal que cela puisse paraître, comme le montre bien Saint Paul, sa force, sa vitalité, son espérance et sa fécondité, lui viennent de là. Pas d’ailleurs, ni autrement. Tout le reste n’est que poudre aux yeux, illusion mondaine.
Elle se trompe elle-même et elle trompe le monde lorsqu’elle se situe comme une puissance parmi d’autres, comme une organisation humanitaire ou même comme un mouvement évangélique à grand spectacle. Elle peut briller, elle ne brille pas du feu de l’amour « fort comme la mort », comme le dit le Cantique des Cantiques. Car il s’agit bien ici d’amour, d’amour d’abord et d’amour seul. Une passion dont Jésus nous a donné le goût et tracé le chemin : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.