Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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En paroisse, Chamboule-tout

21/11/2020

En paroisse,  Chamboule-tout

Vous avez déjà joué au Chamboule-tout ? Vous savez, ce jeu qui consiste à lancer une balle sur une rangée de cubes ou de boites de conserves. D’un seul coup, d’un seul, on détruit un équilibre savamment construit.
On ne sait pas si ce jeu existait déjà au temps de Jésus. Mais ce qui est certain, c’est que Jésus a souvent chamboulé, bousculé ses disciples dans leurs certitudes et dans l’espoir qu’ils mettaient en lui. C’est bien sûr le cas avec ce que nous lisons ce dimanche, dernier dimanche de notre année liturgique, jour du Christ Roi.


Et reconnaissons que cet évangile vient nous bousculer nous aussi, en renversant beaucoup d’idées préconçues, ou en nous amenant à creuser encore notre relation à Dieu et à nos frères en humanité. 
Premier lancement de balle, premier chamboulement : notre image du Roi.  Quand on parle de la gloire d’un roi, nous avons tous en tête des images de puissance, de célébrité, d’honneurs, de signes de puissance, de magnificence, de territoires avec une frontière, une armée, un roi qui commande, qui se fait servir…
Mais certainement pas une image de pauvreté, de faiblesse, de maladie.
C’est pourtant à cette image-là de roi que Jésus identifie le roi : aux pauvres, aux faibles, aux malades, aux prisonniers. Celui qui est pauvre, qui est en manque, c’est le roi lui-même. Et Jésus s’identifie à ces pauvres, à ces faibles, à ces malades. Ce sont ces êtres fragiles, que Jésus nous demande de servir. En les servant, nous servons Jésus. Les actes que nous posons à l’égard de nos frères qui souffrent atteignent le Christ. Les actes que nous posons, nous croyants, mais aussi les actes posés par ceux qui n’ont pas la foi. Jésus parle de toutes les nations qui seront rassemblées devant lui, pas uniquement des croyants mais de tous les humains.
 
Deuxième lancement de balle. Marqués par des siècles de représentation dans nos églises, nous pouvons avoir une vision assez terrible du jugement dernier. Avec d’un côté une félicité suprême et de l’autre côté des pleurs et des grincements de dents, le feu ardent et des petits diables se réjouissant de nos malheurs. Aboutissant à une logique assez simple. C’est à nous aujourd’hui de décider de notre paradis, de décider de notre sort futur. Bien sûr, Jésus vient de nous y enjoindre, nous devons prendre soin des plus faibles. Mais pour autant, penser que tout dépend de nous, de nos actes, serait faire bien peu de cas de la miséricorde de Dieu. Nous le savons, Dieu est plus grand que notre cœur. Dieu voit plus loin. Dieu voit mieux que nous et plus en profondeur, ce qui est bon et ce qui n’est pas bon dans notre vie. Nous ne pouvons pas savoir quand nous avons servi Jésus ou quand nous sommes passés à côté de lui sans le voir. Les bénis de son Père comme les maudits posent la même question au roi :- mais quand t’avons-nous vu ? Ce n’est pas à nous de juger. Comme nous le suggère une peinture dans la catacombe de Priscille, le Bon Pasteur prend aussi soin des boucs
 
Il ne s’agit donc pas de vivre dans la terreur permanente d’une fournaise sans fin. Mais de choisir entre la vie ou la mort. La vie pour celles et ceux qui nous entourent et pour nous,  ou la mort pour celles et ceux qui nous entourent. «  La gloire de Dieu c’est l’homme vivant » disait Saint Irénée. Il s’agit tout simplement de vivre notre vraie humanité ! De laisser agir en nous l’Esprit Saint reçu le jour de notre baptême, Esprit qui souffle aussi sur toutes celles et tous ceux qui ne connaissent pas le Christ. De nous laisser emporter par son souffle.
 
Troisième lancer de balle. Nous fêtons le Christ Roi. Mais quel drôle de Roi. Un roi qui naît dans une mangeoire parce que ses parents sont rejetés. Et un roi qui finit mal, très mal, sur une croix. Et pourtant, c’est bien sur la Croix que la puissance de Dieu s’est manifestée, puissance d’amour gratuit qui a permis à notre humanité d’être divinisée. Comme nous le dit St Paul dans la deuxième lecture « la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts ».
 
Nous allons commencer cette belle période de l’Avent, de l’attente de la venue de notre Sauveur sur terre, petit être sans défense, tout fragile au milieu d’une grande pauvreté. Mais période chamboulée par ce fichu coronavirus qui contamine beaucoup trop de gens.
Eh bien,  ayons à cœur de nous rappeler que nous avons à réaliser une autre contamination, celle du cœur virus , du virus de la charité, du véritable amour où service de Dieu et services des frères sont intimement mêlés. A l’image de la croix plantée en terre, le Christ Roi les deux bras ouverts pour prendre soin de nous et les yeux levés vers son Père, notre Père.

Dominique Vigié (diacre)
 
Pour prolonger notre prière et rendre grâce pour l’année liturgique écoulée, Catherine propose de louer Dieu avec le chant « Jésus mon Roi » (en pièce jointe)
 
Marie-Françoise pour sa part nous invite à faire le lien entre l’Evangile de ce dimanche et le chapitre de Fratelli Tutti,  consacré à l’interpellation de la part de l’étranger (84, 85) :  
 
« Enfin, je me souviens que, dans un autre passage de l’Evangile, Jésus dit : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli » ( Mt 25,35). Jésus, pouvait prononcer ces mots parce qu’il  avait un cœur ouvert faisant siens les drames des autres. Saint Paul exhortait : « Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure » (Rm 12,15). Lorsque le cœur adopte cette attitude, il est capable de s’identifier à l’autre, peu importe où il est né et d’où il vient. En entrant dans cette dynamique, il fait finalement l’expérience que les autres sont « sa propre chair » (Is 58, 7).
 
Pour les chrétiens, les paroles de Jésus ont encore une autre dimension transcendante. Elles impliquent qu’il faut reconnaître le Christ lui-même dans chaque frère abandonné ou exclu (cf. Mt 25,40.45). En réalité, la foi fonde la reconnaissance de l’autre sur des motivations inouïes, car celui qui croit peut parvenir à reconnaître que Dieu aime chaque être humain d’un amour infini et qu’ « il lui confère ainsi une dignité infinie ». A cela s’ajoute le fait que nous croyons que le Christ a versé son sang pour tous et pour chacun, raison pour laquelle personne ne se trouve hors de son amour universel. Et si nous allons à la source ultime, c’est-à-dire la vie intime de Dieu, nous voyons une communauté de trois Personnes, origine et modèle parfait de toute vie commune. »
 
Ô Seigneur, Christ Roi de l’univers, tu as fait tiennes les souffrances des hommes jusqu’à la croix.
En venant humblement nous rejoindre dans ce monde
Tu nous fais connaître le chemin qui mène à Dieu.
Ainsi si mon frère est joyeux, alors je suis joyeuse avec lui ;
Si mon frère pleure, je pleure sa peine avec lui.
C’est dans cette joie et cette peine partagée,
Sur ces chemins de vie et de communion avec nos frères
Que je te vois, Ô mon Seigneur, Ô mon Roi.