Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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En paroisse, oser être casse-pieds

14/11/2020

En paroisse, oser être casse-pieds

Étonnant

Jésus qui, dans l’enseignement de ce jour, nous invite à être des casse-pieds. Ou plus exactement, qui nous invite à croire à la possibilité d’une double patience, celle de Dieu et la nôtre. Celle de Dieu est infinie et nous ne pouvons qu’en pressentir les affleurements vertigineux tels qu’ils se manifestent dans les livres de la Révélation. Nos  patiences quant à elles sont souvent aveugles et bien limitées.
Alors le Christ nous propose d’aller plus loin en nous demandant de nous faire insistants, quitte à en être importuns, voire même pénibles.

Et de proposer cette histoire curieuse qui met en scène d’une part un juge inflexible qui ne se laisse toucher par aucune supplication, et d’autre part, une veuve, une des personnes les plus précarisées dans la société judéenne. Cette femme n’a plus rien à perdre et pour cela, elle n’arrête pas de harceler celui qui pourrait régler un procès en sa faveur et lui accorder de quoi vivre. Et le très sévère juge finit par céder. Non parce que la femme serait dans son bon-droit ou que lui-même aurait reconsidéré les pièces du procès, mais parce qu’il est vaincu par l’acharnement  de la veuve.

Et c’est là que Jésus nous invite à faire ce saut de la foi : a fortiori, combien plus l’Amour divin exaucera notre prière insistante ! 

Mais pourquoi Dieu étant tout-Amour faut-il le supplier à ce point ? 

Ce n’est peut-être pas tant pour fléchir un Dieu inflexible que de nous ajuster à la prière que Dieu espère de nous. Une prière qui nous hisse dans cette relation unique de confiance d’émerveillement qui unit le Père et le Fils  dans le souffle amoureux de l’Esprit. Mais n’est-ce pas cela la foi ? Espérer que si peu de chose que je suis soit appelé à habiter et à se réaliser dans l’éblouissante splendeur de l’amour divin ?

Comme l’écrit si justement André Sève, dans l’expérience de la prière, Dieu ne joue pas au sourd mais il se fait sourcier de notre foi. Celle que le Christ espère pouvoir cueillir quand il viendra sur terre. 
 
La prière comme un entraînement à l’infini de l’Amour comme nous le fait entrevoir Françoise :
 
Seigneur,
Tu es là,
et en même temps, tu te dérobes, me devances
m'entraînant dans une folle course,
comme des enfants qui jouent à s'attraper :
Tu cours devant moi
Je cours après toi,
mes membres se tendent vers toi,
chaque fois, tu esquives.
Mon être te cherche et t'interroge
et toi, en riant, tu me dis :
allez viens, un peu plus loin...
et c'est ainsi, tout au long de la vie.
Au bout du chemin,
au jour de la Rencontre,
Te laisseras-tu saisir ?
Me laisseras-tu saisir le secret de ton Mystère ?