Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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En communauté, veiller

10/11/2020

En communauté, veiller

Jésus n’a pas son pareil pour raconter des histoires et son auditoire l’écoute, subjugué : « « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.     Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent… » Et nous le suivons, pas à pas, nous contant comment l’Epoux convia les vierges sages à participer aux noces de l’Epoux quand les folles se virent contraintes rester à l’extérieur du palais avec cette invitation pressante du Christ : «  Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Et puis quelqu’un réagit dans l’auditoire. Elle est très bizarre cette histoire que Jésus raconte, pleine d’incohérences et d’inattendu. Lors d’une noce en Galilée, ce n’est pas l’époux qui vient en procession mais la fiancée qui se rend vers la maison du fiancé, entourée de la jubilante procession de ses amies et des parentes. Et puis imaginerait-on qu’on laisse des jeunes filles veiller la nuit tombée au grand dam de toutes les conventions sociales et de l’insécurité des temps ? Et encore, toujours en se laissant par la logique de la parabole de Jésus, depuis quand voit-on dans les villages  de Palestine des marchands d’huile ouverts en pleine nuit… 
 
C’est dire que Jésus ne nous demande pas de prendre au pied de la lettre l’histoire qu’il nous raconte avec des jeunes filles récompensées et des jeunes filles punies et qu’il nous invite à ouvrir encore davantage nos cœurs et nos intelligences. Il nous demande à nous qui veillons dans la nuit de ces temps incertains quand ce n’est pas la nuit de la maladie ou d’une mauvaise nouvelle qui obscurcit notre quotidien, quel est l’objet de notre attente et de notre veille. Aurions-nous oublié que nous sommes invités à une fête extraordinaire, une fête dont on a à peine une toute petite idée, une fête qui nous est préparé par Dieu lui-même ? 
 
Nous le savons bien, la préparation et même l’excitation qui précèdent nos fêtes font déjà parties de la fête. C’est le propre de l’humain que de faire la fête, que de faire naître la fête. Dieu lui-même nous convie à sa propre fête et en jubile d’avance avec nous. Qu’est-ce qui aujourd’hui me donne le goût de cette rencontre et de cette fête ? Comment et jusqu’où le goût de cette fête peut-il venir orienter ma vie comme le soleil aimante amoureusement l’héliotrope ?
 
C’est là le secret des grands spirituels des générations passées. Bien des nuits peuvent s’abattre sur nos vies, l’huile qui nous permet de veiller et même de goûter dès maintenant à la jubilation et l’allégresse des noces, n’est autre que l’amour, l’amour donné et l’amour reçu. Notre façon unique et originale de donner corps à cet amour en ma vie à moi. C’est bien pour cela que les jeunes filles ne pouvaient donner de cette huile-là car elle ne leur est pas extérieure, objectivable, interchangeable. C’est la sève qui irrigue toute leur attente et leur identité, le cœur aimant de leur histoire. Puisse cette huile jamais manquer à chacune de nos vies.
 
Et Françoise nous rappelle l’odeur sans pareille  de cette huile unique :
 
Goûter Dieu comme on respire une fleur... Un jour, j'étais très tourmentée. Une rose était là, avec un parfum extraordinaire. Alors, j'ai prié : Seigneur, je voudrais m'emplir de toi comme de ce parfum, et j'ai inspiré à fond. Aussitôt, j'ai ressenti un grand bien-être, apaisement, réconfort : Le Seigneur était entré dans mon cœur avec le parfum merveilleux de cette rose !