Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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Chemin de Carême : Parfaits comme votre Père céleste est parfait

27/02/2021

Chemin de Carême : Parfaits comme votre Père céleste est parfait

Mais revenons au mot grec qui a servi à traduire la parole que Jésus avait prononcé en araméen. Il s’agit du mot « téléos ». C’est un terme technique, un peu compliqué, qui signifie : « ce qui se met en conformité avec notre vérité à venir ». La « perfection » du pépin de pomme, c’est d’être un pommier. Seul Dieu est parfait puisque d’emblée il est pleinement et souverainement Amour, pure Relation d’Amour créateur et recréateur.

 

Dès lors nous entendons combien « être parfait » n’est pas une injonction à être un homme ou une femme sans défaut, sans faiblesse, sans bavure, mais une invitation à accueillir notre vocation la plus originelle : devenir « à l’image et à la ressemblance de Dieu » selon le grand récit de la Genèse. C’est une question de processus, de croissance. Advenir à l’image et à la ressemblance du Dieu Amour. Se réaliser pleinement et pour toujours comme pleine et sainte communion d’Amour.

 

Jésus nous propose un lieu de vérification imparable, une boussole que ne peut pointer que sur l’Amour Divin : quel accueil faisons-nous dans notre prière à nos ennemis et à ceux qui nous persécutent ? Non pas pour banaliser ou minimiser ce mal, sûrement pas ! Bien au contraire. Mais se découvrir capable de dire : « malgré le mal que vous m’avez fait, je ne veux pas que vous mourriez. » C’est bien cela, l’expérience du pardon, qui nous configure peu à peu « à l’image et à la ressemblance de Dieu ». « Vous donc, vous serez parfaits… » Jésus a employé le futur car il ne faut pas moins que toute une vie pour cela, et la grâce du matin de Pâques.

 

P. Pascal-Grégoire

Chemin de Carême : La petite musique du Royaume

26/02/2021

Chemin de Carême : La petite musique du Royaume

Outre le fait que la réalité démente ces bonnes intentions, nous risquons fort de tomber dans la double illusion mortifère du concours et de la concurrence. Le concours : il faut toujours faire plus d’effort, encore et encore, et jusqu’à ce que mort s’en suive ; mais que fait-on alors de la Grâce du Christ ? La concurrence : les autres ne sont que des rivaux que je dois surpassés et, bien sûr, éblouir de mes vertus ; mais que fait-on alors de la fraternité offerte originellement en Christ ?

 

Non. Il nous faut vraiment revenir à ce que le Christ nous dit : «  Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas  dans le Royaume de Dieu. » Si maintenant vous mettez un frein ou une limite à votre désir de vie et d’ouverture à l’autre - ce que laisse entendre le mot de « justice » dans le vocabulaire biblique -, alors votre existence ne pourra pas s’ajuster à la puissance du Royaume. Comme si on allait manquer de carburant pour donner corps à la puissance transformatrice du Royaume. Ce n’est pas la menace d’une condamnation à venir. C’est la constatation d’une panne sèche.

 

Refaire le plein, c’est désirer du plus profond de soi se réconcilier avec son frère. Et nous savons bien que, par-delà nos déclarations de principe, cela ne va de soi. C’est tellement tentant de faire comme si on ne le voyait pas. Rappelez-vous ce que disait Caïn : « suis-je le gardien de mon frère ? » Pas gardien, serviteur de son projet de vie. Alors quelque chose de la musique du Royaume pourra se faire entendre à nos oreilles, les nôtres et les siennes.

 

P. Pascal-Grégoire

Chemin de Carême : Un Dieu superbement loyal

25/02/2021

Chemin de Carême : Un Dieu superbement loyal

Combien de fois nous sommes-nous laissés abuser en croyant que Dieu serait celui qui aime mais seulement sous certaines conditions ? Qu’Il ne s’intéresserait à nous que si nous le méritions, qu’Il n’exaucerait nos prières que si nous avions bien appris nos leçons… Et nous avons de notre Dieu un mauvais plaisant qui nous donnerait une pierre parce que nous aurions oublié un « je vous salue Marie » dans la récitation du chapelet, ou encore nous enverrait un serpent parce que nous nous sommes un peu assoupis pendant le prône de M. le Curé.

 

Mais c’est impossible à Dieu ! Il n’est qu’Amour… Que nous ayons été capables de l’imaginer manigançant des coups tordus certes pour une noble fin  - cela nous savons faire… -, c’est bien là le problème. Et Jésus de rappeler crûment notre réalité finassière et louvoyante : « vous qui êtes mauvais », mais aussi l’infini de l’Amour divin dont nous portant quand même la trace : « combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! »

 

Dieu est superbement fidèle à sa Parole. Il ne se donne que dans la fidélité de cette Parole.

Expérimentons durant ce temps de carême la puissance de cette Parole généreuse et régénératrice. Petit test de mise en pratique : sommes-nous réellement prêts à faire aux autres ce que nous voudrions que Dieu fasse pour nous ?

 

P. Pascal-Grégoire

Chemin de Carême : Oser explorer d'autres possibles

24/02/2021

Chemin de Carême : Oser explorer d'autres possibles

Non seulement c’est l’expérience de tous les fils de la Bible, c’est aussi une expérience accessible à tout humain. Regardez, dit Jésus, ce qu’il advint à la population de Ninive, cette cité honnie et redoutée par tout Israël : même la population de Ninive a été capable de s’imaginer un autre avenir quand elle entendit la proclamation de Jonas. Aucun signe n’est donné aux habitants de Ninive : juste une parole qui dit que Dieu ne nous confond pas avec la méchanceté que nous sommes capables de déployer, que Dieu ne nous identifie pas avec le mal que nous faisons.

 

Non pas que Dieu soit indifférent ou aveugle au mal qui détruit son œuvre, mais Il sait encore plus qu’il y a ce ressort intime en tout être qui peut lui permettre de  re-choisir la vie par la confiance. Et, à partir de là, de tracer un chemin neuf, inédit à partir de ce point-ci de ma vie, là où me rejoint la Parole. Regardez encore dit Jésus comment la possibilité même de cette Parole neuve a mis en route cette femme venue depuis les terres lointaines du Yémen, une reine païenne encore, vers la terre de la Promesse. Elle n’avait pas entendue cette Parole, mais sur la rumeur seule de cette Parole, elle a engagée toute sa vie et celle de son peuple…

 

« Convertissez-vous et croyez en l’Evangile » entendions-nous il y a une semaine au jour des Cendres. Comment accueillons-nous aujourd’hui cet appel à la confiance ? Comment cela vient-il colorer nos jours et le regard que nous portons sur nos proches et notre monde ? Seule cette confiance nous conduira vers un avenir possible et fraternel qui échappe aux futurologues de tout poil et aux prédictologues patentés.

 

P. Pascal-Grégoire

Chemin de Carême : Prier pour adhérer à l'essentiel

23/02/2021

Chemin de Carême : Prier pour adhérer à l'essentiel

Dieu de fait, lui répondit-il, connaît tout ce que à quoi notre cœur aspire, et aussi tout ce qui serait bon et nécessaire pour que notre chemin se fasse plus facile et plus heureux. Mais notre cœur en a-t-il lui-même conscience ? La prière en vient à dire Augustin, est finalement plus bénéfique à nous-même qu’à Dieu puisqu’elle nous permet de discerner à quoi nous aspirons, ce que nous désirons réellement. C’est comme si cette énonciation devant Dieu nous faisait devenir davantage nous-même, nous mettait plus en responsabilité de notre propre histoire, capables de poser des actes qui nous font adhérer à un projet de vie… ou pas.

 

Finalement continue Augustin, Dieu est comme une mère qui sait pertinemment ce dont son enfant a besoin, mais qui sait aussi que, si elle se précipite pour le donner de suite à son enfant sans lui permettre d’exprimer son désir ou son attente, jamais son enfant n’éprouvera le besoin d’accéder à la parole et d’entrer dans une vraie relation. Et comme Dieu désire passionnément entrer en relation avec chacun de ses enfants, il espère notre prière. Jamais comme un acte mécanique ou ritualisé, mais comme la possibilité heureuse d’une rencontre entre un « toi » et un « moi »

 

Chaque demande du Notre Père nous initie et nous rend plus pleinement accessible cette rencontre du « toi » et du « moi », nous fait entrer dans cette dynamique de l’Amour-communion, de l’Amour Trinitaire. Le Notre Père comme rampe de lancement de toute prière filiale. Et un radar infaillible pour savoir si nous faisons cap sur la bonne direction : notre capacité à pardonner aux hommes le mal qui nous a été fait.

 

P. Pascal-Grégoire

Chemin de Carême : Revenir à la source

22/02/2021

Chemin de Carême : Revenir à la source

Hier, le Christ nous initiait à la prédication du Royaume, à la possibilité d’un accueil inédit de la proximité de Dieu à notre monde, à chacune de nos vies. Aujourd’hui, il nous place devant le cœur de son propre mystère : « pour vous qui suis ? ». Comment ne pas être étourdis, dépassés par un tel timing et de rester comme balbutiants à l’instar des disciples… Que répondre ? Comment répondre ?

 

Pourquoi la nécessité d’une telle question au début de notre itinéraire de Carême ? Quel cheminement secret et vivifiant peut relier  le baptême du Christ à la confession de foi à Césarée de Philippe et se déployer jusqu’à nous aujourd’hui ? Hier, Jésus s’était plongé dans les eaux du Jourdain juste avant que fleuve ne se jette dans la Mer Morte. Aujourd’hui, c’est sous les frondaisons des grands arbres qui ombrent les sources jaillissantes du Jourdain que Jésus nous a rassemblés un moment avec Pierre et ses amis. Remonter le Jourdain. C’est à la source qu’il nous faut revenir, là où quelque chose à commencer à battre en nos cœurs, en nos mémoires.

 

Nos vies peuvent bien s’écouler comme des fleuves tantôt capricieux, tantôt paresseux, tantôt précipités de rapides, tantôt alourdis de trop d’alluvions. C’est en leurs sources que se trouve leur vérité. Revenir au jour de l’interpellation sous les grands arbres, le bruit d’une cascade… Quand ai-je pris au sérieux une première fois cette interrogation : « Pour vous qui suis-je ? »  Et notre réponse toujours balbutiante, toujours à venir, mais qui nous fait pressentir qu’un jour les fleuves de nos vies seront appelés à se jeter dans l’océan sans rivage de l’Amour divin.

 

P. Pascal-Grégoire