Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

Etre en règle ou être en route

13/03/2021

Etre en règle ou être en route

La parabole que Jésus propose à propos de « certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres » est limpide. Il faut bien entendre la force de ce que Jésus énonce : croire que l’on est juste, que l’on a fait tout ce qu’il faut, que l’on a raison de garder la tête haute et afficher ses résultats équivaut à mépriser les autres ! Certes, nous n’irons pas jusqu’à rendre grâce parce que nous ne sommes pas comme le commun des mortels qui ne partagent pas nos valeurs ou nos modes de vie…

La parabole que Jésus propose à propos de « certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres » est limpide. Il faut bien entendre la force de ce que Jésus énonce : croire que l’on est juste, que l’on a fait tout ce qu’il faut, que l’on a raison de garder la tête haute et afficher ses résultats équivaut à mépriser les autres ! Certes, nous n’irons pas jusqu’à rendre grâce parce que nous ne sommes pas comme le commun des mortels qui ne partagent pas nos valeurs ou nos modes de vie…

 

Mais il peut bien y avoir ce petit sourire satisfait et vaguement méprisant, un indiscutable « ils n’ont rien compris », un définitif « les politiques, les médias, tous des pourris… » Repensons simplement à tout ce  que nous avons pu dire ou penser durant la journée d’hier. Certes, nous nous reconnaissons facilement grands pécheurs, mais un peu moins que ceux qui ont le mauvais goût de ne pas vivre selon nos valeurs. Et nous voilà très subtilement en train d’endosser notre costume de pharisiens.

 

Abba Antoine, le Père des moines, eut un jour une vision terrifiante. Le diable jetait un gigantesque filet sur la terre et y capturait tous les humains de la terre. Antoine cria alors vers le ciel : « Seigneur, n’y aura-t-il personne qui puisse être sauvé ? » Et le Christ de lui répondre : « Seul sera sauvé celui qui conservera un cœur humble et doux. » Il n’y a pas pire danger pour nos vies personnelles et communautaires que l’orgueil, ce désir mortifère de briller, de se mettre en avant, de penser que l’on vaut quant même mieux que les autres. Le pharisien alimente sa prière du mépris qu’il affiche pour ceux qui ne sont pas en règle. Le publicain n’a en son cœur que l’infinie miséricorde de Dieu qu’il appelle à son secours.

 

Il s’est libéré depuis longtemps de la tentation qui nous fait nous comparer. Comparer, c’est littéralement tuer l’amour (cela, tous les parents le savent bien). L’autre ne sert que de graduation à l’aune de mon autosatisfaction. Le Pharisien peut bien s’être mis en règle. Le Seigneur ne peut rien pour lui (mais attend-il d’ailleurs quelle chose de Dieu ?). Le Publicain peut se relever. Le Seigneur lui a rouvert la route : « Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. »

 

P. Pascal-Grégoire