Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

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Paroisse Notre Dame de l'Estuaire

Une fraternité insoupçonnée

13/12/2021

Une fraternité insoupçonnée

Jésus a été un conteur captivant et redoutable. Tant ses disciples qui nous ont conservé ses paraboles, que ses adversaires qui ont pu se sentir fort égratignés par le tranchant de sa parole, ont gardé la trace  de sa parole brûlante. 

Arrivé à Jérusalem, Jésus doit faire face au feu-roulant de questions des responsables du Temple. C’est à des représentants de cette plus haute autorité de son peuple que Jésus propose la parabole d’un père qui avait deux fils qu’il envoie travailler à sa vigne. Nous avons entendu comme l’ainé après s’être instant dérobé, finalement accomplit la volonté de son père, alors que le second, tout sourire et plein d’allant, lui répond très favorablement et s’empresse de n’en rien faire. « Lequel des deux a fait la volonté de son père ? » demande Jésus.

 

A la réponse des autorités qui se sont déclarées unanimement en faveur du frère ainé, Jésus propose une actualisation étonnante. Ceux qui ont accompli la volonté de Dieu en se convertissant à la parole du Baptiste, sont les publicains et les prostituées ; ceux qui ont endurci leur cœur à la parole du prophète sont précisément ses auditeurs, les responsables du Temple. La leçon est sans concession  mais il y a plus. Ces hommes religieux et puissants se découvrent n’être que des « cadets », alors que Jésus désigne la lie de leur peuple – selon leurs propres critères -, à savoir des publicains et des prostituées comme étant les « aînés » du Père avec tout ce que cela implique comme honneurs et privilèges dans les cultures du Proche-Orient antique.

 

Sacré retournement de perspectives. Bien sûr que nous sommes assez réalistes pour savoir que nous avons du mal à accomplir chaque jour la volonté du Père des cieux, mais nous inclinons souvent assez facilement à nous situer dans le groupe qui « fait bien »… comme probablement les autorités du Temple. Mais pour eux, il avait été hors de question de se mêler aux loosers et à la populace qui se rendaient auprès de Jean le Baptiste. De la même manière, des hommes et des femmes que l’on n’attend pas, que l’on croit incapables d’une dimension religieuse ou spirituelle en raison de leur mode de vie et de leur conditionnement social, accomplissent réellement et humblement la volonté du Père. Suis-je capable de le reconnaître et, plus encore, est-ce que je vais être en mesure de les aimer et les recevoir comme autant de frères et de sœurs ainés ?

 

P. Pascal-Grégoire